Fishing trip @ Spain in Extramadura

Après mes deux derniers voyages « frileux » aux Carnassiers en Suède je décide cette fois d’aller dans une région un peu plus chaude : L’Espagne et sa région d’Extremadure. Celle ci se trouve dans le sud Ouest du pays à la frontière Portugaise. Les Lacs de barrage du Guadiana ,un long fleuve de presque 800km qui traverse l’Espagne et le Portugal ,seront notre terrain de jeu. Ces lacs sont devenus une destination phare d’Europe pour la pêche du brochet mais aussi du Black Bass, du Sandre, du fameux local de l’étape, le Barbot Comizo et même de la carpe. Les poissons carnassiers (notamment brochet et Bass) ont été introduits sous Franco dans les années soixante pour réguler les populations de carpes et d’écrevisses. Depuis ils se sont très bien adaptés et on les retrouve en abondance avec des sujets de très belles tailles, d’où cet exode massif de pêcheurs sportifs dans cette région.

 

 

Pour les camps de pêche il y a l’embarras du choix, la ville principale « Orellana la Vieja » qui doit avoir 2500 habitants à l’année en compte une bonne dizaine. Plusieurs sont très recommandables et pour des raisons de dispo de dates nous avons choisi d’aller chez Stéphane Quinton et son organisation Extramadura profishing.
Notre séjour est réservé du 28 octobre au 3 Novembre avec 6 jours de pêche. Alors que je pars de Nice, mon frère Virgile me rejoindra à Madrid depuis Paris puis nous louerons une voiture pour faire les 3H de route restante.
Nous sommes très étonnés des paysages que nous traversons, on a vraiment l’impression qu’il n’y a rien entre les grandes villes, quelques entrepôts désaffectés, des déserts et par çi par là, des cités dortoirs toutes neuves entourées de champs de panneaux solaires….En tout cas ça ne respire pas vraiment la bonne santé économique. A 45 minutes de notre destination on décide de faire une pause et on s’arrête dans une station service, à l’instar de l’Italie on dirait vraiment que c’est une Europe d’un ancien temps, des vieilles pompes à essence, un distributeur de cigarettes rouillé, quelques jambons crus qui pendent, un tenancier et quelques habitués dans des vêtements d’un autre âge regardent une émission qui rappelle celle de Maïté sur un antique téléviseur perché dans un coin d’une salle au papier peint jaune décrépi. Pourtant, quelle n’est pas ma surprise lorsque j’aperçois des leurres et du matériel de pêche en vente au milieu des bidons d’huile et des essuie glace ? Je dis à mon frère : « regarde Bouli, on se rapproche de notre eldorado ».

Il est 18H30 lorsque nous arrivons enfin à Orellana, nous croisons beaucoup de 4×4 avec remorque et bass boat, nous sommes en plein « open de luccio » (luccio signifiant « Brochet » en Espagnol) et la partie du lac qui se trouve à Orellana accueille pas moins de 150 compétiteurs venus de toute l’Europe pour s’affronter durant le Week End.
Stéphane nous donne rendez vous au pied d’un petit immeuble avec 3 appartements identiques qui sont réservés pour ses clients. Ceux çi sont assez rudimentaires et simplement meublés mais il ne manque rien (3 chambres, un salon, une cuisine, une salle de bain, tout équipé), il n’y a pas Internet mais la 4G fonctionne très bien et il y a une télé, de toute façon on est pas là pour trainer dans un appartement et on espère bien passer un maximum de temps sur l’eau. Stéphane nous laisse nous installer et indique qu’il reviendra nous chercher pour le diner.

Il fait un froid de canard, nous sommes fin Octobre et il fait 5°C, pour la chaleur je me suis encore planté, il faut dire qu’il y a eu une brusque chute de température et que 10 jours avant, tout le monde pêchait en Tshirt, décidément je n’ai pas de chance. Stéphane m’avait averti la semaine précédente au sujet du changement de météo et je savais déjà à quoi m’en tenir, encore une fois il va falloir mériter les poissons car ceux çi n’aiment pas du tout les variations de température, cela perturbe les habitudes de la mange et donc des carnassiers, tout ce petit monde change de place et il va falloir « trouver la pêche ».
Vers 20H Stéphane vient nous chercher, il nous dit qu’un autre groupe de deux pêcheurs est un peu en retard et qu’ils nous rejoindront au restaurant. Faut dire qu’ils sont venus d’Arles en voiture ! Qué fouals !

On ressort d’Orellana et on suit la voiture de Stéphane sur environ 5 kilomètres, on arrive dans un chemin de terre sans éclairage et on rigole d’avance du trou perdu où il nous emmène diner. On arrive au pied d’une grande bâtisse et après avoir monté quelques marches nous rentrons dans Chiringito « el oasis del pescador ». Il y a un petit bar avec toute une famille au comptoir, nous sommes très heureux de boire notre première « cerveza » et nous faisons la connaissance de notre hôte : Valentin (prononcer Valentine) alias « Machete ». 1M90, cheveux argentés ramenés en queue de cheval, un regard bleu glacial qui ferait chialer de peur n’importe quel super héro et qui contraste très fortement avec une voie toute douce et un sourire éclatant (avec quelques dents en moins). On y reviendra mais Machete restera dans nos mémoires à vie! Un cœur énorme, la satisfaction du travail bien fait, le souci du détail et un talent de cuisinier hors pairs. C’est lui qui nous nourrira matin, midi et soir pendant toute la semaine. Je profite de ces lignes pour te remercier au nom de tous Machete. Tu es notre Auvergnat, notre hôtesse, notre étranger et quand tu mourras quand le croquemort t’emportera, notre dieu des pêcheurs te conduira à travers ciel, sans aucun doute, directement au père éternel. Voilà c’est dit !

 

Il est 21H30 lorsque les Arlésiens débarquent enfin chez Machete. Dès la première seconde Christophe et René nous ont paru éminemment sympathiques. Ces deux compagnons travaillent ensemble à l’hôpital d’Arles et ont enfin décidé cette année de vivre leur premier voyage de pêche. On se met donc tous à table pour faire connaissance et quand vous mettez 5 passionnés autour d’un bon repas et bien cela finit toujours tard…

Nous interrogeons Stéphane sur les conditions de pêche et on comprend bien vite que cela va être compliqué. Les fameux compétiteurs se sont cassés les dents sur Orellana et peu on fait leur quota de poissons. Il est donc décidé que nous commencerons demain matin sur un autre lac à 25 minutes de route, le Garcia Sola.

Jour 1 : What the fuck is going on ?

Il est 8H15 lorsque nous arrivons au hangar de Extramadura profishing. Nous faisons la connaissance de l’autre guide « Suelio » (ça s’écrit certainement pas comme cela mais de toute façon son prénom est imprononçable…) un local qui pêche ces lacs depuis tout petit. Nous déballons le matériel et autant vous dire que comme d’habitude je suis « loadé ». c’est simple mon frère n’a rien pris, il sait que j’ai pris pour 3 ou 4… j’ai donc 6 cannes à pêches et 20 kilos de leurres divers et variés. J’ai la chance d’avoir comme partenaires les marques Ioda, Astucit et Mustad, j’ai donc apporté l’essentiel mais aussi des nouveautés à tester.

Virgile et moi partons sur un bateau avec Suelio tandis que Chris et René vont avec Stéphane. Nous sommes à l’eau aux environ de 9H et autant vous dire qu’il fait froid. En plus il y a du monde car il y a une compétition de float tube, le lac est immense, il fait 3300 hectares soit 10 fois le lac de Saint Cassien mais on est obligé de naviguer un moment pour échapper aux float tube qui ont squatté tous les spots les plus proches des mises à l’eau.
Nous patatons des leurres toute la matinée sans résultats sur le brochet. Lorsqu’arrive la pause déjeuner nous « beachons » les bateaux sur les berges pour avaler le pique nique préparé par Machete. René et Chris qui ont pêché en verticale à la recherche du Sandre ont fait mouche plusieurs fois. Virgile et moi sommes surtout intéressés par le brochet et nous continuons de lancer en début d’après midi pendant que Suelio pêche en vertical au sondeur. Après 16H, je suis toujours capot, Virgile a décroché un brochet et s’est fait casser par un autre, certainement un beau spécimen, Suelio a déjà pris un beau Sandre et un Bass, la mort dans l’âme pour ne pas finir capot, nous décidons de nous y mettre aussi. La technique est simple et efficace, on descend en vertical à l’applomb du bateau, on touche le fond, on remonte de 20cm et on attend sans animer le leurre. La seule chose à faire est de prendre garde d’être à la bonne distance du fond (ni collé, ni trop surélevé), bien sûr les fonds changent suivant la dérive du bateau, donc il faut s’adapter.  Virgile sortira un brocheton et moi je me ferai couper par un brochet. En effet en vertical on pêche avec des plus petits leurres et surtout avec du fil plus fin (j’utiliserai du Parallelium) puisqu’on veut jouer sur la discrétion. On prend donc le risque de se faire couper par un brochet qui a les dents très tranchantes contrairement aux Sandres et au Bass qu’on cherche plus facilement en vertical. Finalement il est 18H et nous commençons à rentrer. Je suis dégouté, je me dis que je n’ai vraiment pas de chance, j’arrive à être capot dans une des régions d’eau douce les plus poissonneuses d’Europe…A 19H30 on se retrouve avec les Arlésiens chez Machete, René nous sort alors sont petit carnet et commence à faire les comptes ! Chris : 3 sandres et 3 bass, Renée :9 sandres et 2 bass !! Ils nous ont mis une énorme raclée.

Chris pêche en eau douce et en mer, il pêche régulièrement le silure, le brochet et le bass sur le Rhone. D’ailleurs Chris, je n’ai pas oublié que tu m’as promis une session sur ce magnifique fleuve ! En discutant avec eux, on comprend vite que René est un grand malade du Sandre, c’est simple c’est une obsession chez lui, limite les autres poissons il s’en contre fou. Grand champion de pêche au coup, il a déjà pêché plusieurs milliers de Sandre aux morts maniés et s’est mis seulement aux leurres il y quelques années. Maintenant il a tout lâché pour la pêche en verticale, son dada…. Il peut en parler des heures, il note tout dans son petit carnet jaune, le nombre de touche, de décroche, les poids et tailles des poissons, la température de l’eau, il est fou !

Bref nous aurions pu être abattu par la raclée reçue mais bien au contraire, nous sommes contents, cela veux dire qu’il y a du poisson et qu’on peut l’attraper avec cette technique chère à René. Demain c’est décidé nous essayerons de réitérer la même chose que nos voisins.

 

Jour 2 : The vertical day

Rebelotte, aujourd’hui même combat, même équipe, même lac mais changement de technique, on se met immédiatement en vertical. C’est une pêche qui peut être extrêmement frustrante, à vrai dire ce n’est pas ma tasse de thé car c’est avant tout une pêche de préparation où l’on va adapter la taille et la couleur du leurre, mais aussi la plombée selon la profondeur mais surtout le courant. En gros une fois que le leurre est à l’eau juste au dessus du fond il faut attendre. Avec un sondeur bien réglé ce qui était le cas sur les bateaux à notre disposition, on peut voir notre fil, notre leurre et les échos des poissons monter sur notre leurre. Cela rend fou lorsque vous voyez à l’écran le ou les poissons suivre votre leurre plusieurs mètres pour finalement ne pas le prendre et repartir se coller au fond. Le principe étant que si cela arrive trop souvent il faut changer quelque chose (leurre, couleur, plombée, montage…), idéalement si on est plusieurs sur le bateau, il faut mettre des leurres différents pour maximiser ses chances et trouver le bon « pattern ».
Virgile commence fort avec un Black Minnow de 12cm couleur vert naturel, il sortira ce matin là 6 Sandres donc un superbe spécimen de 72cm. Moi pendant ce temps là je rate tous mes poissons car ma canne n’est pas très résonnante et je ne suis pas assez vif au ferrage, comme je pratique très peu cette technique j’ai mis du temps à le comprendre et à changer ma Ioda BLS76 par ma BLS66ML de la même marque. J’adore ma BLS76 avec sa plage de lancer (7-30 grammes) c’est une canne assez polyvalente qui permet de lancer des petits leurres tout en étant assez puissante pour combattre des poissons de mer comme les bonites, pélamides et autres petits tonidés, mais voilà la raison pour laquelle les pêcheurs accumulent les cannes, la canne à tout faire n’existe pas et quand le poisson est difficile à faire mordre et qu’on doit changer de technique, il faut pouvoir aussi changer de matériel. Ma BLS66ML (Blue Line Spinning, 66 pouces, Médium Light) est en 1 brin + 1 talon. Celle çi à une plage de lancer de 3,5/10 grammes, mais elle est super pour la verticale car bien conique et résonnante, on sent beaucoup mieux les touches subtiles. Alors bien sûr on peut presque tout pêcher avec une canne et si c’était une question de survie on s’en contenterait, nos ancêtres pêchaient avec du bambou et du crin de cheval, cela ne les empêchait pas d’attraper du poisson, mais voilà, on est des pêcheurs sportifs et on recherche l’efficacité maximum, c’est une compétition, d’abord envers nous mêmes, on veut battre notre record, du plus grand, du plus gros mais aussi envers les autres pêcheurs, faut pas se leurrer ça fait râler d’être capot pendant que les autres font du poisson !

Arrive la pause de midi, nous rejoignons les autres sur une plage, ils ont fait quelques poissons, moi j’attends toujours le premier du séjour, heureusement qu’il y a un peu de soleil, il fait très froid mais chaque rayon sur mon visage me rappelle que je suis en vacances et que j’exerce ma passion alors y’a pas moyen que je commence à râler.
Après une petite pause d’une heure, les équipes se séparent à nouveau, nous arrivons dans la queue du lac, ce n’est pas très profond et on pêche dans environ 4 Mètres, j’aperçois une chasse (des carnassiers sautent dans des boules de poissons blancs en surface), ce qui est plutôt bon signe, il y a de l’activité. On reste en verticale et maintenant que j’ai changé de canne , je sens beaucoup mieux les touches, booummmm, je me fais presque arracher la canne des mains et Virgile dit « poisson » presque 10 secondes après moi, c’est donc un doublé. Je sors un superbe Sandre de 62 cm, c’est mon record, je suis soulagé j’ai brisé la malédiction, je sais que je vais en prendre d’autre. C’est au tour du poisson de Virgile d’arriver au bateau et on voit un monstre surgir de l’eau, mon frère hurle, il a peut être enfin son métré, Suélio le sors de l’eau et le pose sur la toise, arf, 95cm, il est magnifique mais il n’atteint pas la barre mythique…. Virgile est un peu déçu mais ce n’est finalement que le 2ème jour. On fait une superbe photo de ce doublé Sandre / brochet, rien que pour cette photo entre frangin le séjour est une réussite.


Toujours dans la même baie je sortirai  un beau Bass qui me gratifiera de quelques jolis sauts, Virgile qui n’en a jamais attrapé veut aussi le sien alors on reste au même endroit mais sans succès…. Le jour avance et le vent souffle aussi beaucoup, ça bouge pas mal et c’est compliqué de pêcher alors on change complètement d’endroit pour se mettre à l’abris. On sortira 3 autres Sandres chacun entre 35 et 55cm avant de rentrer, Virgile aura fait 10 poissons et moi 6, ce n’est pas une si mauvaise journée que cela.Le soir chez Machete on fait les comptes, Chris a fait 2 brochets au lancer et 4 Sandres en verticale, René 14 Sandres en verticales dont un superbe poisson de 72cm.
Suelio et Stéphane qui ne pêchent que très rarement auront chacun fait 1 sandre et 1 brochet.

 

 

 

Le soir on décide que le lendemain on ira essayer sur Orellana, plus propice à la pêche du brochet au lancer, la compétition est finie et on espère qu’il restera quelques poissons pour nous. Virgile, Christophe et moi sommes bouillants mais René un peu moins, il s’éclate sur les Sandres en Verticale et ça le gonfle de pêcher le brochet mais il a pas trop le choix il en faut pour tout le monde. Personnellement j’adore la pêche au big bait, je vais pouvoir sortir ma canne Casting (BLC70H) et patater des gros leurres. J’ai surtout hâte de tester le Slim Shad de Ioda dans sa version 16cm. Assez fin pour sa taille il a une superbe nage grâce à un beau paddle qui fait bien bouger sa queue. De plus Olivier (le créateur de ce leurre) a innové en laissant 3 trous dans la queue. Ceux çi fabriquent des petites bulles dans l’eau qui peuvent énerver les poissons les plus récalcitrant et les décider à attaquer. On peut aussi faire une variante en collant des Rattles dans les trous (petite cage de verre contenant une bille) qui font faire du bruit et changer quelque peu la perception des poissons. Pour avoir une troisième version de ce leurre j’ai aussi remplacé sur certains d’entre eux le Paddle par une palette métallique qui permettra d’avoir un repère visuel supplémentaire et des vibrations différentes.

 

Jour 3 : dur dur à Orellana

Aujourd’hui il fait 4°C et il pleut, on est couverts comme des esquimaux et nous ne sommes pas sereins sur la journée. D’ailleurs vu le temps il est décidé qu’on rentrera exceptionnellement manger chaud et au chaud chez Machete à Midi.
La première heure est difficile et on a pas une seule touche en pélagique (en pleine eau), Suelio décide de nous emmener pêcher les baies et les épis rocheux, on change donc nos leurres souples par des leurres moins plongeant et on prospecte dans peu d’eau. Une heure plus tard alors qu’on lance tout près des bordures, un gros brochet attaque mon leurre, je m’emmêle les pinceaux avec mon moulinet casting, je tatonne avec le frein, le poisson se décroche et je m’en veux à mort…. Déjà qu’on a peu de touche si en plus je me mets à faire n’importe quoi ce n’est pas gagné… c’est un cercle vicieux, tu n’as pas de touche pendant de longues heures alors tu n’es plus concentré et tu rates le peu de poissons que tu devrais prendre… Faut dire que ça fait un moment que je n’ai pas pêché au lancer en casting puisque je pratique assez peu l’eau douce dans ma région au profit de la pêche en mer. Je pratique tous types de pêche dans beaucoup d’endroit, je n’ai pas de spécialité, j’aime la pêche en général et j’essaye plutôt de m’adapter aux poissons présents plutôt qu’à une technique précise. Il faut souvent une période d’adaptation afin de retrouver ses sensations avec le matériel utilisé et le type de poisson ciblé. Cette fois çi je suis passé au travers mais je me promets que cela n’arrivera plus. Quelques lancers plus tard je ferai un petit brochet de 70cm, pas un gros poisson mais poisson quand même ! ça suffit à nous redonner le sourire jusqu’à midi et la joie de retrouver la table de Machete. Il sait que la pêche est difficile en ce moment et il nous accueille avec un grand sourire, il nous dit : « je sais que la pêche n’est pas bonne mais je vais vous redonner le sourire avec un bon plat chaud ». Il a tenu parole… on s’est fait un déjeuner de fou à base d’agneau, de lentille et de Murcia (une espèce de boudin épicé local), le tout accompagné de vin rouge et pour finir un bon gâteau avec une bonne gnole immonde au goût de paic citron mais qui vous requinque comme pas d’autres.


On décide de repartir assez vite car si on reste quelques minutes de plus au chaud on risque de s’endormir près du poêle sur fond de Salsa lancinante et de ne jamais retourner à la pêche.
L’après midi c’est rebelote, très dur, froid de canard, vent, pluie, la totale… Pendant que je m’évertue à lancer des gros leurres, Virgile pêche en vertical les yeux rivés sur le sondeur. Il fera 4 poissons, des brochets de 80, 70, 70 et un brocheton. Les Arlésiens auront fait 3 Bass chacun sur un spot de Stéphane, moi plus rien… après midi de m#@!!!!
Le soir on est morts, tellement « out » qu’on ne va même pas diner chez Machete et à 22H on s’endort devant un vieux match de coupe de Liga, la loose jusqu’au bout.

Jour 4 : Back to Sola Garcia

En ce quatrième jour, vu nos performances de la veille sur Orellana on décide de repartir sur Garcia Sola, cette fois çi les équipes ont changées et Stéphane s’est substitué à Suelio sur notre bateau. On est seuls à la mise à l’eau, le temps est toujours très froid mais au moins ils n’annoncent pas de pluie. Surprise, on voit 4 masses sombres nager au milieu du lac, on s’approche et on n’aperçoit pas 4 mais 6 Sangliers qui sont entrain de traverser le Lac pourtant très large à cet endroit. D’ailleurs il y a pas mal de bêtes, des oiseaux et beaucoup de cervidés, Stéphane nous exécutera un superbe brame qui trouvera échos sur la berge quelques parts avec un male prêt à en découdre.

Stéphane me demande de sortir nos crankbaits et Jerkbaits, on va faire toutes les baies et les épis rocheux. Le crankbait est un super leurre très facile à manier, il suffit de lancer et ramener sans animation du scion de la canne, la taille de la bavette frontale permet de le faire descendre plus ou moins profondément dans la couche d’eau. Crank signifie en Anglais « manivelle », c’est un leurre qui s’anime avec le moulinet et non pas avec la canne, simplement en moulinant plus ou moins vite. Pour les jerkbait qui signifie « secousse », il faut animer la canne à pêche pour pouvoir donner des mouvements à son leurre, chaque Jerkbait pouvant avoir son animation spécifique favorite suivant le modèle. J’ai pris une superbe leçon par Stéphane qui m’a vraiment bien montré le mouvement parfait. Je pensais le faire correctement , j’ai d’ailleurs fait dans le passé de nombreux poissons au Jerkbait et pourtant j’ai pu voir et comprendre ce jour là l’animation parfaite. Je ne le répète jamais assez mais pour moi avoir recours à un guide est presque indispensable lors de session de pêche dans des endroits qu’on ne connait pas; bien sûr ils vont vous montrer les bons spots, les leurres à utiliser et la technique à employer mais en plus ces professionnels qui passent leurs vies sur l’eau ont bien des choses à nous montrer (montages, nœuds, animations) pour nous faire progresser et honnêtement la pêche sportive est tellement vaste et regroupe tellement de techniques qu’on peut progresser à vie.
Ce matin là je ferai 3 brochets au Jerk et 1 Sandre au Crank et Virgile 1 brochet au Crank. La fin d’après midi se fera sous la pluie avec quelques éclaircies et enfin mes Slims Shad ont fait la différence, 3 brochets de plus et je décrocherai même un gros poisson à quelques centimètres du bateau. Virgile fera lui aussi 3 autres brochets au Slim Shad. Chris et René ont fait de la verticale toute la journée et sortiront respectivement 5 et 13 Sandres.

Jour 5 : Never Back down !

Alors que ce matin là nous sommes tous capot et que Virgile et moi ne voulons pas pêcher le Sandre en verticale, Stéphane décide de ressortir le bateau après le déjeuner et de retenter Orellana. Nous arrivons avec le soleil et nous sommes bien déterminés à tout donner pour ne pas être bredouilles .
A peine arrivés nous observons sur le sondeur d’importantes boules de poissons blancs et nous constatons rapidement que les prédateurs sont là, nous enchainons les prises et Virgile prendra enfin son premier Black Bass. J’utiliserais encore mes Slim Shad mais aussi le Slim Twist qui trouvera preneur sur un brochet alors que je cherchais le Bass. On a vraiment bien fait de changer, en une après midi j’aurais fait 5 brochets et un Sandre et Virgile le grand chelem avec 2 brochets, 1 Sandre et 1 Bass.
Une fois n’est pas coutume le soir chez Machete nous faisons les comptes avec les Arlésiens, 4 Sandres et 1 brochet pour Chris et 11 Sandres pour René le Maitre ES Vertical. Demain c’est le dernier jour, notre dernière chance du séjour pour faire un brochet métré et un gros black Bass alias «The mother fucking Lunker».

Jour 6 : Les montagnes russes

En ce dernier jour, les 2 bateaux se retrouvent sur Orellana. Les deux premières heures sont horribles, on ne fait que patater des leurres dans le vent, on a repéré les poissons qui se trouvent beaucoup plus profond et on pêche cette fois ci sur 18 mètres d’eau. Le beau temps n’est toujours pas là, il y a pas mal de vent, des vagues, le lac n’est pas tranquille, l’eau est foncée, le ciel est foncé, heureusement les températures sont plus clémentes que les jours précédents. Ce temps me rappelle exactement les conditions pendant lesquelles j’ai claqué mon record sur le Lac Leman, un brochet d’1M14 pêché avec l’Esox Toy (voir ici ), un leurre géant en forme de poulpe. Devant le manque de touche je décide de tenter le tout pour le tout et je ressors donc le fameux même leurre qui m’a fait flirté avec les étoiles le 15 Juillet 2017. J’essaye de me souvenir de l’animation spéciale que ce leurre demande, je mets quelques minutes à bien retrouver le coup, je sais que je tente le tout pour le tout et que j’ai peu de chance d’attraper quelque chose si ce n’est un très gros, une big mama. Après 30 Minutes supplémentaires de lancer je suis prêt à nouveau à changer de leurre lorsque « RAAAAAOOOOUUUFFFFFF » un énorme placard sort sa gueule de l’eau et rate mon leurre qui était arrivé en surface pour quelques centimètres, je suis éberlué, j’hurle, j’enrage, Virgile et Stéphane n’ont pas vu la bête mais ils ont entendu le bruit, j’aurais pu, j’aurais même du laisser le leurre redescendre immédiatement, le brochet l’aurait peut etre repris…  Encore une fois je n’ai pas été parfait dans ma pêche, il m’a manqué le facteur « + » qui permet de faire la différence, pourtant j’avais déjà réussi à sauver un poisson comme ça et j’avais pu prendre ma première grosse Sériole au leurre souple en laissant tout de suite redescendre le leurre après un suivi (voir ici ). J’ai les jambes qui tremblent, je ne pense pas avoir déjà vu et pris un brochet aussi gros, je m’en veux, je sais que j’ai laissé passer ma chance…On re essayera pendant une heure puis nous repartirons sur les épis dans peu d’eau ou j’arriverai finalement à prendre un beau brochet au Buster Jerk suivi de Virgile qui en fera aussi un au crank.

Après le déjeuner nous repartons en direction de la veille où nous étions bien amusés, je dis à Stéphane que j’aimerais vraiment faire un beau Bass, nous arrivons sur le spot et Virgile en sort très vite un petit; pour le montage j’utilise des têtes plombées Mustad « Fast attach » qui permettent de changer de leurre très vite, tout en conservant la plombée, c’est la première fois que j’utilise ce système et je dois dire que c’est très pratique lorsqu’on pêche avec des hameçons texans. Il suffit de changer les leurres préalablement montés sur hameçon, on n’a qu’à déclipser l’hameçon (et donc le leurre) de la Fast Attach pour le remplacer. De cette manière on a pas à enlever et remettre maintes et maintes fois des têtes plombées , ce qui à la longue abime fortement les leurres (surtout les petits). De plus ça rajoute une articulation dans le leurre et ça amène vraiment une belle nage notamment quand on fait rebondir le leurre sur le fond. Bref je valide à 100%. Je prendrai 2 autres brochets cet après midi là en cherchant le bass, toujours en fast attach. Virgile lui claquera 3 brochets en verticale donc 1 de 91, son 3ème brochet du séjour qui fait plus de 90cm, pourtant le métré n’arrivera malheureusement pas. La journée est bientôt finie Stéphane nous dit qu’on va aller tenter un dernier coup dans un de ces fameux spots à gros bass. J’arme donc ma fast attach d’une écrevisse avec un coloris home made, faite par Christophe notre compagnon d’Arles qui me l’avait confiée ayant fait ses 3 bass avec 2 jours avant.

Stéphane place le bateau et me dit : « au fond de l’eau à cet endroit y’a une ancienne maison, tu vas sentir un premier mur, une fois passé tu seras dans la maison et là y’a des vaches ! tu pourras éventuellement te faire prendre quand tu remonteras sur l’autre mur. Une minute plus tard je peux sentir mon écrevisse monter les pierres du mur de la maison puis faire un léger saut d’environ 4 secondes, je reprends contact avec le sol et 2 secondes après c’est la châtaigne ! ma BLS66ML se plie mais fait rapidement le travail et en 30 seconde le poisson est au bateau, c’est un superbe Bass de 49CM bien gras, un lunker qui doit faire 2 kilos, mon record. La nuit commence à tomber, c’est l’heure de rentrer surtout qu’il reste de la route avant d’être à la mise à l’eau. J’ai fini le séjour sur un très beau poisson avec un bel après midi ensoleillé.

Alors oui, comptablement on a pas fait une très bonne pêche, mais honnêtement j’ai connu bien pire en France et en Suède… J’ai quand même battu mon record de Bass et Sandre, j’ai appris une toute nouvelle technique (la verticale pour le Sandre au sondeur) et je me suis largement amélioré en animation de Jerkbait. Le séjour est réussi et une chose est sûre , nous reviendrons pour notre revanche à une période qu’on espère plus propice mais ça, on aura toujours la surprise…
Le soir c’est le dernier diner avec Christophe et René qui reprennent la route tôt le matin pour rentrer à Arles, on est tous d’accord pour dire qu’on n’a pas été déçus par la destination et qu’on se donnera un jour une autre chance. On dit au revoir à Machete, on sait qu’on le reverra, on ne peut certainement pas en vouloir à nos guides qui sont très compétents et ce sont mis en quatre pour qu’on puisse être satisfaits.
Le lendemain matin nous faisons les 3H de route qui nous séparent de Madrid, nous avons prévu une dernière soirée dans la capitale Espagnole avec pour clou du spectacle un match du Real Madrid contre Valladolid. Après quelques cerveza avec les supporters locaux nous rentrons enfin dans le mythique stade Santiago Bernabeu. Le score finira à 0-0 mais surtout nous avons été très déçus par l’ambiance… mieux faut se taper un Nice – Arles Avignon sous la pluie au mois de Janvier, au moins on en a pour notre argent…
Le soir, dernier diner dans un restaurant espagnol, on profitera d’une bonne dernière chuleta (cote de bœuf), pour le vin on restera sur du Français (faut pas déconner quand même).


Virgile et moi repartons chacun de notre coté le lendemain, nous nous retrouverons bientôt autour d’un voyage de pêche puisque nous repartons en Mars pour un voyage de pêche en mer à Kéré une ile dans l’archipel des Bijagos au large de la Guinée Bissau. Les Carangues, Otholites, Capitaine, Carpes rouges et gros barracudas n’ont qu’à bien se tenir !

Fishement votre.

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