FISHING TRIP @ BIJAGOS (Guinées Bissau)

Bon voilà, je m’excuse auprès de mes lecteurs qui attendaient ce récit (en particulier de ma maman, fan numéro 1) mais entre le boulot, les travaux de notre maison et la gestion du petit dernier, j’ai pris du retard ! Beaucoup de retard, je n’ai d’ailleurs que peu pêché depuis mon retour de ce voyage qui a eu lieu du 5 au 15 mars 2019.

Cela fait déjà quelques années que je souhaitais aller dans l’archipel des Bijagos en Guinée-Bissau, c’est d’ailleurs le compte rendu de Max sur son voyage là-bas qui m’a donné envie d’écrire sur mes aventures de pêche (merci Maxou).

Cette année nous avons une grosse équipe, nous sommes huit : Max, JC, Philippe S (alias Fifi), Odin, Virgile, Philippe V, Rémi et moi-même. Sur le papier, ça parait séduisant mais, si c’était à refaire, j’y réfléchirais à 2 fois, c’est quand même compliqué de contenter tout le monde notamment quand la pêche est difficile et que certains sont dans le dur.

La vérité, c’est que la pêche est 95% du temps difficile. Partout où je suis allé, de temps à autre (5%), il y a un moment de grâce et cela nous semble être l’eldorado mais si vous revenez le lendemain, au même endroit avec la même technique et que vous faites la même chose, vous pourrez être capot. Vous ne prendrez rien, wallou, quetchi, nada…. La pêche est une discipline très compliquée car elle ne dépend pas que de vous, plein de choses rentrent en compte et, d’abord, nos compagnons (non volontaires) de jeu : les poissons… Ils n’ont pas envie de jouer et ne prennent aucun plaisir à être pêchés même s’ils sont relâchés et c’est bien normal. Alors, quand vous rajoutez le fait qu’ils se déplacent souvent et qu’ils n’ont pas tout le temps envie de manger, cela complique les choses. Additionnez à cela les phénomènes météorologiques (marée, lune, température, pression, qualité de l’eau), l’équation commence sérieusement à se pimenter. Bref, je ne suis pas là pour me plaindre mais pour constater….

Heureusement, notre équipe est composée de joyeux lurons qui ne sont pas les premiers perdreaux de l’année et qui ont une certaine expérience des voyages de pêche. Rémi est le seul petit nouveau de la bande mais c’est un chasseur sous-marin et il a beaucoup voyagé dans ce cadre-là, il est donc rompu à l’exercice.

JC et Max étant déjà allés chez Laurent Duris sur l’ile de Kéré et en gardant un excellent souvenir, nous décidons de repartir là-bas sans se prendre la tête. Il est vrai que cette destination de pêche en Guinée-Bissau présente plusieurs avantages, c’est une des destinations exotiques les moins chères, il n’y a pas de décalage horaire, l’endroit est magnifique et les poissons s’y trouvent en nombre car les fonds (peu profonds justement) ne permettent pas aux gros bateaux de pêche de venir y faire de lourds dégâts. C’est une destination plutôt « light » dans le sens où les poissons qu’on y trouve ne sont pas énormes mais il y a d’importantes variétés et quantités.

Comme à mon habitude, j’ai pris UNE TONNE de matos, j’ai 2 sacs de 23 kilos et un petit sac à dos. J’ai très envie d’essayer plusieurs techniques, vous trouverez ci-dessous un résumé de ce que j’ai pris. Dans la mesure du possible, j’ai mis en lumière le site internet du magasin parisien « Des poissons si grands » tout simplement parce que ce sont des gens sérieux avec un accueil très amical et professionnel (tant sur place qu’au téléphone). C’est un des rares sites qui donne réellement son avis sans reprendre les accroches commerciales des marques. Il est cependant tout à fait possible que vous trouviez moins cher ailleurs….

Petite dédicace aussi à notre magasin niçois « feu » le LOUP de MER qui nous manque… Bon courage aux derniers petits détaillants restants, la pêche n’aura plus la même saveur sans vous. Hold on !

Bref voici le matos:

Pour le lancer:

Une canne Ioda Travel A75H d’une puissance de lancer 20/60 grammes avec un moulinet Shimano Stella 4000.

J’ai pêché en majorité avec cette canne, un bon lancer, elle a une très belle action malgré le fait que cela soit une 4 brins. Idéale sur les chasses de petites carangues mais trop light pour les gros sujets et les carpes rouges.

Une canne Ioda Travel 80A4 d’une puissance de lancer 60/120 grammes avec un Daiwa Saltiga 5500H. Je n’ai pas pris un seul poisson avec, j’ai cassé le dernier scion de la canne dés les premières heures d’utilisation. Erreur idiote, en poppant canne basse, je l’ai explosée sur la coque du bateau, elle m’aura bien manquée…

Une canne Ioda tuna medium 80TM d’une puissance de lancer 100-200 grammes avec un moulinet Shimano Stella 8000. Je ne l’ai finalement jamais utilisée, les poissons n’étant à mon goût pas assez gros pour cette canne d’une puissance de 50 livres.

En verticale :

La nouvelle canne Ioda BLC63 Slow Pitch Jigging équipée d’un @#!! de moulin casting chinois de m&@##!! qui n’a pas résisté à son voyage en soute ! Dégouté, j’adore cette canne et je n’ai pas pu l’essayer sur les poissons exotiques… En effet, personne n’avait de moulin casting… Elle restera donc dans sa housse…

Une canne, enfin, LA Canne Ioda Hybrid 57J, mon coup de coeur du séjour ! Je l’ai utilisée pour jigger, pour traîner et pour le vif. D’une puissance 40-60 lbs, cette nouvelle canne Travel (3 brins) de chez Ioda est un monstre de puissance. Pourtant, elle est souple et sensible. Je me suis régalé en combat, la canne à tout faire (hors lancer), je l’amènerai maintenant partout en exo, sans compromis. Je l’adooore.

J’en profite d’ailleurs pour réitérer ma demande à Olivier, le concepteur chez Ioda, il nous faut une canne de lancer en 30/40 livres, Travel, de la même trempe que cette jigging ! Ce serait une canne exo light de destruction massive pour les destinations telles que Bijagos, Floride, Dom-Tom, Amazonie etc…

Les leurres :

Encore une fois et pour toujours… encore beaucoup trop de leurres amenés pour peu utilisés… Beaucoup de Sakura Mister Joe pris chez pêcheur-pêche.com (petite dédicace à Fabrice) qui marchent vraiment bien là-bas. des Duels Addagio, des Bony, un leurre chinois épatant de chez Bearking qui coûte rien (4,5€) et qui est de très bonne facture. Mes 2 Poppers préférés : Le Dumbell Pop et le Roosta Pop 

Pour les leurres souples, on prendra de gros Sandra de chez Delalande, des Slim Shad de Ioda (Rose et Marlboro). Comme à leur habitude, les Black Minnow de Fiiish ont aussi tiré leur épingle du jeu dans leurs gros formats.

J’emmènerai avec moi des slow jigs de chez Ioda (pas utilisés) et une nouveauté magnifique de chez Mustad, les Bucktail Jig : bien que peu utilisés en France, les Américains en sont fous tant en mer qu’en eau douce.

Le départ

Nous nous retrouvons donc le 5 mars tous à l’aéroport de Nice pour un long périple, seuls Philippe V et Virgile partiront de Paris au même instant. On est super content et on a hâte d’en découdre avec les poissons.

Le voyage n’est pas si simple que cela, le programme est le suivant :

Vol Nice – Lisbonne, Lisbonne – Bissau / hôtel à Bissau / 2H de 4×4 et 2H de bateau avant d’arriver sur le paradis de l’ile de Kéré….

Et bien, cela commence mal puisque lorsqu’on arrive sur Lisbonne, le pilote nous informe qu’un avion posé sur la piste a une avarie et qu’on doit attendre avant d’atterrir. Finalement, au bout de 30 minutes, on nous dit que, pour des raisons de sécurité, on va atterrir à Porto. Nous n’en savons pas plus. On est inquiet car on risque de louper notre correspondance pour Bissau et il n’y a que 2 vols par semaine, cela voudrait dire qu’on pourrait éventuellement rester 3 jours au Portugal avant de rallier notre paradis…. Après une heure et demi d’attente à Porto et l’avion ayant refait le plein, on redécolle pour Lisbonne, l’avion venant de Paris est dans la même situation que nous et c’est 40 minutes avant le décollage de notre correspondance qu’on arrive à Lisbonne. Heureusement c’est la même compagnie (la TAP) et ils nous attendent. On se tape un petit coup de stress avec le suivi des bagages… il ne s’agirait pas de se retrouver sur notre île déserte sans notre matos. On partage notre crainte avec l’hôtesse du comptoir qui, après avoir regardé sur l’ordinateur, nous fait signe que c’est bon. Nous embarquons donc pour 5H30 de vol vers Bissau. Rémi et Philippe V sont en « business class », Rémi a été un des premiers à « jouer » aux enchères organisées par la TAP et à remporter le fameux siège pour un peu plus de 100€… Pour un vol de nuit, c’est quand même pas mal ! On est tous jaloux.

Finalement, en arrivant dans l’avion, la Business class est minable… c’est tout juste si il y a un rideau entre nous (la plèbe) et eux… Les sièges sont les mêmes, ils auront juste le droit à un autre repas minable lui aussi, le nôtre étant une espèce de Wrap poulet / champignon, faut pas avoir faim… Bref, si vous devez payer « plein pot », ne prenez surtout pas la Business Class à la TAP !

On arrive vers 23H30 à Bissau, le contrôle des passeports se fait très rapidement et, à notre grande surprise, personne ne nous demande un quelconque pourboire… 2 chauffeurs envoyés par Kéré nous attendent. A peine arrivés, Philippe V et Rémi récupèrent leurs bagages, mais les minutes passent et rien n’arrive. Au bout de 10 minutes, ma première valise arrive et l’espoir renait, malheureusement cela sera de courte durée puisqu’aucune autre valise ou tube de cannes n’arrivera, on est dégoûté, on est venu pour pêcher et on n’a pas notre matos… On fait donc toutes les démarches et on prie pour que nos valises arrivent par le prochain vol qui n’arrivera que dans 2 jours…

A Bissau, c’est le Carnaval, c’est impressionnant le monde qu’il y a dans la rue, c’est la fête et nous mettons bien 45 minutes avant d’arriver à notre hôtel. Celui-ci se trouve en face du Palais présidentiel et il est recouvert d’une bâche à l’effigie de l’adversaire du Président. En effet, nous sommes en pleine élection dans ce pays qui a eu de nombreux rebondissements politiques. Ancienne colonie portugaise qui devient indépendante en 1974 après la fameuse Révolution des œillets au Portugal, le pays n’a connu que des tentatives de coups d’Etat, des présidents assassinés et d’autres inculpés comme narcotrafiquants internationaux, jusqu’à 2014 et une élection démocratique qui tient à peu près le coup depuis… En tout cas, nous ne ressentons pas du tout d’insécurité, les gens sont souriants et accueillants. On est crevé, on va se coucher vers 1h du matin afin de se lever pour une journée qu’on attend tous depuis des mois.

6 mars : The D Day

Le lendemain, c’est parti pour 2 heures de 4×4 pour se rendre au bateau qui nous emmènera sur l’ile de Kéré. Max, JC et Philippe V nous racontent qu’il y a quelque temps, on dormait sur place (à l’embarcadère) dans un orphelinat mais, depuis, celui-ci a été déplacé. Lorsqu’on arrive sur place, on fait connaissance avec le piroguier en chef « Béto », un colosse souriant dont les bras font deux fois mes cuisses. C’est lui qui est en charge de nous amener à Kéré, il sera aussi un de nos 3 marins.

Après être sortis d’un petit bolon (canal formé par les marées) bordé de mangrove, nous avons encore 2 heures de bateau pour nous rendre sur l’ile.

La Team

Enfin, nous arrivons. L’île est vraiment magnifique, nous sommes accueillis sur la plage par l’équipe de Kéré puis par Laurent et Sonia Duris, les maîtres des lieux, ils sont au courant pour nos bagages et nous rassurent, ils nous prêteront le matos nécessaire jusqu’à ce qu’on le récupère. L’île est petite mais une trentaine de personnes qui travaillent tous pour le camp vivent ici presque en permanence. C’est une belle entreprise qui fait vivre de nombreuses familles. Il y a une bonne dizaine de bungalows pour les hôtes avec tous leur salle de bain. Ils sont rudimentaires mais propres et équipés de moustiquaires et de ventilateurs que nous n’utiliserons jamais car, à cette époque le soir, il ne fait pas chaud.

Ce petit cailloux c’est Kéré !
l’équipe de Kéré nous accueil
La plage devant le restaurant de Kéré

Après avoir posé nos affaires dans nos bungalows respectifs, nous nous rendons dans le restaurant qui est le bâtiment principal de l’île, d’autres clients sont là, certains sont des pêcheurs comme nous, d’autres sont des expatriés habitant Bissau et venant régulièrement en vacances sur l’île. Nous avons faim et surtout il est prévu que nous fassions un après-midi pêche en bateau et nous avons hâte d’en découdre. Entre-temps, Odin n’a pas pu s’empêcher de partir immédiatement avec sa canne faire le tour de l’île, il prendra d’ailleurs immédiatement une petite Carpe rouge et une Carangue. On se dit tous que c’est extrêmement prometteur.

Pour ce premier après-midi de pêche, on est réparti en 2 groupes de 4 pêcheurs par bateau. Je fais équipe avec Max, Jc et Bouli sur une grosse coque en aluminium tandis que les autres sont sur le « gros bateau ». On fait un peu de navigation et on attaque les lancers sur les éperons rocheux, JC fera 2 poissons (un Maquereau bonite qui est connu pour couper fréquemment les lignes et une petite Carangue) et nous zéro. Des casses, des décroches, c’est pas la folie, alors les deux bateaux se dirigent vers une zone pour pêcher l’Otolithe en verticale (sorte de Maigre ou de Courbine locale). Après plusieurs dérives, le constat est sans appel, capot pour tout le monde.

J’apprends de ce premier après-midi deux choses : tout d’abord, je m’aperçois que les fonds ne sont pas bien profonds et qu’on pêche souvent dans 3 mètres d’eau, d’autre part, la marée influe énormément sur les zones et donc forcément sur la pêche, les poissons se déplacent beaucoup et les marins se servent énormément de leurs connaissances sur le sujet pour nous guider. Alors, les Bretons qui me lisent doivent me prendre pour un ignare mais, en Méditerranée et notamment à Nice, nous ne sommes que très peu confrontés à cela car une variation de quelques mètres dans nos énormes profondeurs ne joue pas du tout sur les endroits où nous pouvons accéder. En revanche, peut-être que cela joue sur les poissons… On parle beaucoup de coefficient de marée, de lune etc… que cela soit en mer ou en eau douce, peut-être faut-il que, nous aussi, en prenions plus conscience chez nous.

En rentrant, on fait quelques Elops (une espèce de hareng local surpuissant) aux lancers légers, c’est une pêche super fun qu’on fait depuis la plage de Kéré, ces poissons présents en grande quantité se pêchent facilement avec toutes sortes de petits leurres ou à la mouche. On en garde quelques-uns pour notre pêche au vif et en surfcasting du soir car à Kéré on peut pêcher 24h sur 24 !

pêche des élops

Le soir venu, on est tous à table dans le restaurant / bar / lobby de l’ile de Kéré. Il y a en tout une quinzaine de clients en majorité pêcheurs, certains en sont à leur 15ème  voyage à Kéré et tout le monde est unanime pour dire que cette semaine est difficile. Heureusement, nous avons 8 jours de pêche et nous espérons bien que la chance va tourner. Nous décidons donc en concertation avec Laurent Duris de faire notre journée « pêche à pied » le lendemain. Le repas est top, les petits cocktails aussi, les gens sont vraiment sympas, on se sent dépaysé et en vacances.

Le repas englouti, nous nous installons sur la plage pour notre pêche de nuit en surfcasting, on découpe des steaks d’Elops et on les envoie à 50 mètres du bord, ensuite on pose les cannes et on attend la touche. On fera un Mérou babaou (espèce locale qui ne dépasse pas les 4-5 kilos), et un Poisson-chat (je ne savais même pas que cela existait en mer).

7 mars : Pêche à pied – let’s get ready to rumble

Le lendemain matin, je me réveille à l’aube vers 5h30, je n’arrive plus à dormir, je ne pense qu’à la pêche, J’ouvre la porte du bungalow et je vois JC et Max en train de courir sur la plage. Je vais les voir et ils m’hurlent « mais qu’est ce que vous foutez ?!? y a des poissons là, faut pêcher ». Du coup, je retourne chercher Virgile et nous voilà en train de chercher des spots sur la plage, il fait très vite un Barra, je l’aide à le décrocher puis je pars avec mon fameux Nissart Pop au bout d’une petite pointe rocheuse, heureusement je n’attends pas longtemps avant de faire moi aussi un petit Barra, ouf… mon premier poisson des Bijagos… Les 4 autres compères se réveillent et on les charrie à notre tour « bah ouais les gars on s’est tous pendu ce matin, faut se lever ! ».

Après un copieux petit-déjeuner, nous sommes déposés sur une île proche de Kéré, les plages sont magnifiques, sable blanc, eau turquoise, tout y est… pourtant on ne s’aventure pas trop car on est en Afrique et les insectes et autres serpents venimeux sont légion. Il n’y en a pas sur l’ile de Kéré mais partout ailleurs si ! La plage restera donc notre sanctuaire. Pendant 4 heures, on patatera des leurres sans résultat jusqu’à ce qu’on craque et qu’on se mette en surfcasting avec les Elops prises la veille servant d’appâts. On aura des touches mais impossible de les sortir, il n’y a que très peu de fond et les Mérou babaou vont directement à trous, les bas de ligne se brisent sur les rochers nous forçant inexorablement à refaire nos montages. On a chaud, on a faim, on a soif, on n’a pas fait beaucoup de poissons, on est tous content de rentrer sur Kéré pour le déjeuner.

pêche à pied sur une superbe île
beach popping sans résultats

Le midi, on décide de rester sur Kéré et on s’amuse tous sur les Elops, je prends un Kayak et je traîne en vif une Elops de 2 kilos à la recherche d’un requin qui appréciera une belle bouchée mais sans succès. Au bout d’une heure et demi, j’abandonne. Pas d’activité, pas de poissons, certains sont déjà sur les transats dépités. Les résultats des autres équipes ne sont pas bons non plus, aie aie aie… Heureusement l’apéro et le diner s’enchainent et le soir, on continue en surfcasting. Quelques poissons seront pris, rien d’extra, le gros poisson du soir tant attendu ne se montrera jamais.

8 mars : Première journée pêche en mer

Le lendemain, Rémi et Odin ont bien compris la leçon de la veille et cette fois-ci, ils sont sur la plage aux aurores ! Rémi fera à la cuillère un superbe Saint-Pierre, celui-ci ressemble pas mal à ceux de chez nous sauf qu’il a une dentition à faire peur ! Ni une ni deux, le poisson disparait dans la cuisine, malheureusement pour nous, d’autres se sont chargés de le manger.

On part enfin en mer, je fais équipe avec Rémi, Virgile et Philippe V, l’activité n’est pas au top, on arrive quand même à faire quelques poissons. 1 ou 2 Carangues chacun. On en garde une pour le repas de midi car sinon c’est salade uniquement ! Les marins décident de nous accoster sur une île pour le déjeuner, les autres ont pris quelques Maquereaux bonites et ils les ont aussi gardés. Finalement, c’est le festin, on arrive sur une petite plage paradisiaque et les marins nous préparent carpaccios et barbecue. La pêche n’est pas extra mais on en prend plein les yeux et ces petits pique-niques « à la Robinson » seront répétés tous les jours pour notre plus grand plaisir.

En fin de journée, on fera quelques vifs à la mitraillette, ces petits poissons appelés « Yaboy » qui ressemblent à une version tropicale de la sardine sont très prisés des prédateurs et particulièrement des Cobias. Finalement, Philippe fera un beau Mérou babaou et cela restera notre dernier succès de la journée qui ne restera pas dans les annales…

9 mars : On touche le fond

Le lendemain, rebelote, une journée à oublier, tout le monde est dépité, on a dû faire 1 ou 2 poissons à 8 dans la journée. Le soir, malgré qu’on est vu des paysages magnifiques on rentre au camp le moral dans les chaussettes, il faut que la roue tourne et vite. Ca tombe bien, c’est l’anniversaire de JC et on fête ça dignement à base de Caïpirinhas, de vin avec un excellent repas comme tous les soirs à Kéré. Ils ont même fait un gâteau d’anniversaire et toute la tablée chante pour notre pote. Cerise sur le gâteau, notre matos est enfin arrivé !

plage du pic nic de midi !
lorsque la marée est basse
Philippe imperturbable
C’est beau pourtant !

10 mars : On aura tout essayé

Le lendemain, on se dit que cela ne peut pas être pire qu’hier, on est un peu plus remonté et on va se démener pour sortir notre épingle du jeu. Je fais équipe avec Rémi et Philippe S sur le bateau de Béto qui est une grosse coque alu. On aura tout essayé, même de se « beacher » sur une plage pour attendre la bonne marée et être présents lorsque les carnassiers attaqueront les pauvres Yaboy, sans succès. On fera 2 Carangues dans une chasse puis plus rien, pas une attaque malgré quelques palpitations dues à la vue d’un énorme Cobia qui suivra un de mes leurres et passera sous le bateau l’air de rien. On décide de se garder 1h ou 2 de traine au Barra. Les Barracudas présents aux Bijagos peuvent être énormes et il n’est pas rare d’en faire des plus de 25 kilos, je mets donc ma canne Ioda Jigging Hybrid en traine équipée d’un gros leurre à bavette. Au bout d’une demi-heure, j’aurai finalement mon poisson… Loin d’être un trophée, il sera au bateau en quelques secondes et ne dépassera pas les 7 kilos. On le gardera quand même pour manger le soir.

Belle carangue hyppos de Fifi
le diner du soir
Bucktail Jig Mustad avec leur Slim Shad Ioda assortis
Enfin le matos est arrivés !

D’ailleurs, il faut dire que presque l’intégralité des Barracudas et des Maquereaux bonites sont conservés pour les déjeuners et diners. Il ne faut pas oublier qu’on vit sur une île et qu’on est à plus de 4 heures de la première ville donc niveau ravitaillement, on fait le maximum avec ce qu’on a, il faut nous nourrir nous mais aussi tous les habitants de Kéré, ça fait une sacrée logistique pour au bas mot une moyenne de 50 personnes chaque jour.

Le soir venu autour de notre traditionnelle Caïpi, Laurent nous conseille fortement de partir en Bivouac à quelques heures de navigation, d’après lui les conditions vont s’améliorer mais pas tout de suite alors autant tenter notre chance ailleurs, c’est décidé demain, c’est le départ à l’aventure.

11 mars : Ah enfin les « vrais » Bijagos !!

Après environ 3 heures de navigation, nous arrivons enfin sur l’île où nous allons bivouaquer, nous déposons 3 membres du staff avec le matos et nous repartons illico. Une équipe va sur les épaves pour pêcher les Cobias et deux autres vont popper. A peine arrivés, on voit de l’activité, des oiseaux, des chasses, c’est la guerre… pendant 3h, on enchaînera poissons sur poissons, c’est fou comme tout va mieux dès qu’on pêche, on est au paradis, on rigole pour rien, on a la banane même quand on décroche ou qu’on casse… Cet après-midi-là, on fera chacun une vingtaine de poissons. Carangues, Barras, Carpes rouges, Orphies, Maquereaux bonites, l’euphorie, on pouvait pratiquement lancer n’importe quoi et ça mordait.

Ma petite Ioda Travel 75AH a morflé sans craquer, ces poissons tropicaux ne sont pas énormes mais, proportionnellement, on dirait qu’ils sont dopés, c’est une frénésie alimentaire générale qui s’emballe et les poissons gavés de protéines sont survitaminés, nous enchaînons les prises, les doublés et triplés lorsqu’arrive le coucher du soleil et le moment de rentrer…

A notre arrivée, c’est marée haute, on met l’ancre, on saute à l’eau avec notre matos. Le camp a été installé : 6 tentes avec matelas et draps ainsi qu’une petite cuisine de fortune avec sa table et ses chaises. Les deux autres bateaux arrivent, ils ont bien péché et l’équipe qui est allée sur les épaves a fait carton plein, tout le monde a fait son Cobia. On fait un feu de camp, c’est notre soirée Koh Lanta à nous, pas de douche, pas de toilettes, pas de salle de bain, pas de lit, on est quand même pas mal, on a le droit à un super diner bien arrosé, y a pas de moustiques et on n’a pas vu de bêtes sauvages, c’est le principal, on tombe tous très vite dans les bras de Morphée.

carangue pompano pour Fifi !
Pompano de JC
belle orphie pour Virgile
Grosse hyppos pour Virgile
Rémi a sa belle Hyppos
Et sa carpe rouge

12 mars: Le trophée tant convoité

Le lendemain matin : problème… 2 des 3 bateaux n’ont pas été assez lestés et se sont échoués sur la plage à marée basse. Un des marins va chercher de l’aide au village et 30 minutes plus tard, il y a au moins 15 gaillards qui se ramènent, ça ne rigole pas ici. On se met tous à l’œuvre sous les cris d’encouragements du chef du village et, au bout de quelques minutes, c’est réglé. Nous « récompensons » notre main d’œuvre avec quelques poissons et le tour est joué, nous pouvons repartir.

Cette fois-ci, c’est à nous d’aller jouer dans les épaves pour tenter d’attraper un Cobia. Ce poisson pélagique est connu pour sa défense et particulièrement pour son « second souffle » lorsqu’il arrive en surface et qu’il voit le bateau, il faut s’attendre à un 2ème, voire à un 3ème rush. Ce poisson, qui fait en moyenne entre 8 et 25 kilos, peut atteindre les 40 kilos, le record du monde homologué étant 135 livres soit environ 60 kilos !

Après avoir pêché les Yaboys à la mitraillette pour les servir en repas aux Cobias, nous partons sur le spot des épaves. Les Yaboys ne tiennent pas longtemps vivants dans le vivier, je m’en inquiète auprès de Béto qui me dit que morts ou vifs, c’est pareil… Je suis étonné mais je lui fais confiance. Quand nous arrivons sur le spot, il prend un couteau et transforme nos Yaboys morts en Swimbait ce qui rend le poisson « articulé » et fait penser que le poisson est vivant et en train de nager.

Béto effectue plusieurs manœuvres pour trouver la dérive. On peut faire beaucoup de gros poissons à cet endroit, alors on est tous équipé avec des grosses cannes et gros moulinets. Pour ma part, ce sera la nouvelle Ioda Jigging hybride travel (40/60lbs) avec un Stella 8000 tresse de 50 lbs et bas de ligne de 80 lbs, lorsque mon appât touche le fond, je le remonte d’un mètre et je n’attends pas longtemps avoir d’avoir ma première touche, je lui mets un ferrage de forain et je hurle « poissonnnnnnnnnn » je le remonte assez facilement et je ne m’attends pas à un très gros poisson mais je suis assez déçu lorsque je vois arriver au bateau un Barracuda, coup de bâton sur la tête par Béto (on dit ASPIRINE), comme tous les Barras, il finira en cuisine.

Deuxième descente et rebelote, les vifs (morts et articulés) ne tiennent pas 1 minute avant de se faire bouffer. On a des départs, des rushs, des casses, des coupes, il se passe toujours quelque chose et on refait souvent nos montages. Au bout de 30 minutes sur place et d’un énième Yaboy descendu sur l’épave, j’ai une grosse touche, ferrage de forain et le combat commence. A quelques secondes d’intervalle, Odin annonce aussi un poisson c’est le doublé puis le triplé avec Max qui annonce aussi un poisson, c’est la joie sur le bateau et on crie tous de concert, sauf que ça serait trop simple… Lorsque les Cobias aperçoivent le bateau, c’est vraiment là que le combat commence car ils prennent conscience que quelque chose ne va pas et vendent chèrement leurs peaux. Nous avons donc le droit à un 2ème rush de nos Cobias, ma ligne s’emmêle avec celle d’Odin, Béto vient à la rescousse pour nous démêler et pendant ce temps-là, CRAAAAACKKKKK, la canne de Maxou et son cri de désespoir nous indiquent que ce n’est pas encore gagné. Ces poissons sont très puissants et n’ont pas dit leurs derniers mots. Finalement, on arrive enfin à sortir notre doublé de Cobia, le mien fait environ 15 kilos, ce n’est pas un monstre mais il est de belle taille et j’ai pu jauger la défense de cette espèce. Heureusement, Maxou fera aussi son Cobia un quart d’heure plus tard sur une autre canne à pêche.

Le doublé
Cobia de Maxou sur sa 2eme canne 😀
Cobia de JC sur l’autre bateau

Puisque j’ai atteint mon objectif, je décide de me mettre au leurre pour varier les plaisirs. Je sors un Bucktail Jig de Mustad et j’ajoute comme trailer un de mes Slim Shad Ioda. Béto me dit qu’avec ça, je n’attraperai rien ici. Pourtant, après même pas 3 minutes, je crie « poissonnnnnn », j’ai eu une super attaque mais je sens que c’est pas très gros. Je remonte un Mérou babaou et le montre fièrement à Béto qui rigole et me félicite. C’est mon premier poisson au Bucktail. Ce leurre, très peu utilisé en Europe, est pourtant ultra consommé aux US, on le voit d’ailleurs très souvent utilisé par Cyril Chauquet, partout dans le monde, en mer comme en eau douce. Il fait désormais partie des leurres que j’amène partout et j’essaierai à l’avenir de vous montrer qu’on peut effectivement attraper de tout avec.

La journée avance vite et, après une dernière petite Carpe rouge attrapée par Max, nous devons rentrer car la nuit tombe assez vite, il nous reste 3h de navigation pour rentrer. Nous repassons par notre île d’un soir chercher le matériel et les aides de camp et nous regagnons le petit paradis de Kéré.

13 mars: La traque du Tarpon

Le lendemain matin, une fois n’est pas coutume, il fallait se lever car il y a une belle activité depuis la plage, On est presque tous là à tenter notre chance dans les chasses de Carangues qui sont seulement à quelques mètres de nous, les pieds dans l’eau, c’est impressionnant et très grisant. On fera notre quadruplé avec Max, JC et Fifi, les autres casseront ou se décrocheront mais nous avons tous eu une touche. Il n’est même pas 7h du matin et on a déjà un beau poisson entre les mains, nous avons bien commencé notre journée. Popper depuis la plage, c’est vraiment le top, je ne connais pas beaucoup de destinations où les chasses de Carangues sont pêchables du bord comme ça…. Ça reste pour moi un très bon souvenir de Kéré.

Penduuuuuus
Kiss Kiss Carangue

Je fais équipe aujourd’hui avec Virgile et Maxou sur le bateau d’Armando 2. Comme cela nous a bien réussi ce matin, il nous amène vers une autre île pour qu’on puisse aussi s’essayer de la plage, malheureusement sans succès. Finalement, nous repartons et finissons par trouver la pêche au popper en faisant monter les poissons dans peu d’eau. Il n’y a pas de chasse et c’est plus grâce à l’agressivité que par boulimie halieutique qu’on arrive à tirer notre épingle du jeu sur plusieurs Carangues et Maquereaux bonites. Ça tombe bien, il est midi et c’est notre dernier BBQ de Robinsons sur une île. On profite une dernière fois de cet instant privilégié car, demain, il restera une matinée de pêche avant de reprendre le chemin du retour.

L’après-midi, nous décidons de tenter notre chance aux Tarpons. Ils sont connus pour être immenses aux Bijagos, certains spécimens dépassent les cent kilos, des pêcheurs viennent du monde entier pour tenter leur chance ici. On passe sur un tout autre style de pêche, les marins du camp ont l’habitude, ils connaissent parfaitement les marées, les saisons et les endroits de passage de ce monstre. On monte des lignes qu’on laisse dériver dans le courant grâce à du polystyrène, les hameçons et les bas de lignes sont énormes. J’ai déjà eu la chance d’en attraper un de quarante kilos à Miami et j’ai le souvenir d’un combat très difficile. J’aimerais vraiment doubler mon score et affronter encore cet épique poisson de sport. Nous pêchons au poisson mort et c’est à peu près la seule technique efficace pour cette saison. Je préfèrerais largement l’attraper aux leurres, cette technique est un peu ennuyante car nous devons attendre sans rien faire en espérant avoir une touche…

Après quelques heures de pêche, il est temps de rentrer, nous n’aurons pas la chance d’avoir un départ, Armando 2 nous explique que certains pêcheurs passent leur semaine à attendre ce trophée uniquement. Chacun son truc, il en faut pour tous les goûts. C’est notre dernière soirée sur l’île de Kéré, il nous reste qu’une seule demi-journée de pêche et ensuite ce sera le retour à la civilisation.

14 mars : A la recherche de l’otolithe

C’est notre dernier jour mais aussi notre dernier lever de soleil, il est hors de question de rater le poisson du matin ! A 5h30, tout le monde est sur la plage à tracker les chasses et comme d’habitude, ça explose de partout. C’est très furtif et il ne faut pas rater ce moment car, jusqu’à aujourd’hui, les chasses ont rarement tenu plus de 10 minutes. J’adore vraiment ce moment où tout le monde court sur la plage à la poursuite des Carangues en criant : « Elles sont là, elles sont là », « Pendu », « Fais gaffe, on va s’emmêler », « Qui a une pince ? », « Cassééééééé » ou encore « Décrochééééééé #!!#@ ». Alors que je pense avoir raté mon premier lancer, je chope finalement un premier poisson qui se rue sur mon pop, il m’attire dans les rochers et je suis obligé de rentrer dans l’eau pour ne pas que ma tresse ne se brise. Finalement, au bout de 3 minutes de combat, le poisson se décroche et je me retrouve assez loin de la zone de chasse, j’entends que d’autres sont « penduuuuuuus » et je sais pertinemment que je n’aurai pas le temps de revenir pour lancer alors je tente ma chance à nouveau au même endroit. Ça paye puisque très rapidement j’ai une superbe attaque sur mon roosta pop, j’arrive tant bien que mal à amener le poisson dans mes pieds c’est une belle Carangue Hyppos. Triplé ce matin, moins bien qu’hier mais mieux que les jours précédents !

Après le petit déjeuner, on décide de se focaliser sur les Otolithes, c’était un de mes objectifs avec le Cobia et je ne l’ai toujours pas accroché à mon tableau de chasse. J’embarque à nouveau avec Armando 2, Virgile et Rémi, la marée est bonne mais il y a du vent et cela bouge beaucoup, on descend en verticale avec nos leurres souples pendant un bon moment, jusqu’à ce que Rémi hurle « poisson ». S’ensuit un combat assez court où le poisson arrivera malheureusement à se décrocher. Ça bouge maintenant vraiment beaucoup, il est déjà 11h et on sait qu’on ne va pas devoir tarder à rentrer alors je demande à Armando de nous amener sur un autre spot.

Virgile aura très rapidement une belle touche et un beau combat. Lorsque le poisson arrive à la surface, j’hurle « c’est une belle Carpe rouge », Virgile est super content mais finalement elle se décrochera alors qu’Armando avait saisi le bas de ligne, dégouté…. Quelques minutes plus tard, c’est Rémi qui reprendra un poisson et c’est enfin le fameux Otolithe attendu, il n’est pas gros mais poisson quand même ! Ce sera le dernier poisson du séjour.

Otolithe de Rémi

Après le déjeuner sur Kéré, quelques photos souvenirs, le temps de tout remballer et c’est reparti pour le retour… 2h de bateau, 2h de 4×4, on est déposé à l’hôtel pour prendre une douche et on se dirige vers l’aéroport. On arrive vers 20h30 et notre avion part à 23h30, on a donc le temps mais on avait prévu large avec la douane qui nous laisse finalement passer sans encombre. On a un peu de temps et, vu la nourriture proposée dans l’avion, on se dit qu’on aimerait bien manger un peu et on se rend dans l’unique restaurant de l’aéroport. On en rigole maintenant mais je vous promets que c’est le pire restaurant de ma vie. Pour faire simple, on commande tous un steak-frites et alors dans l’ordre, voici le déroulé : on entend crier dans la cuisine et on aperçoit des flammes (en gros ça prend feu), on attend 1h15 pour nous servir 8 steaks-frites, ils sont bien sûr cramés et servis avec une sauce immonde qu’on n’avait pas demandée, je pense que nous n’avons pratiquement rien mangé, et là, incroyable, le serveur nous demande à la fin si cela s’est bien passé ? Mais lol…. On lui dit que non, que ce n’était pas bon, cher et qu’on a attendu 1h30… il le sait mais c’est pas vraiment de sa faute, nous sommes des touristes et on reviendra jamais dans ce resto alors il nous fait quand même payer plein pot, logique….

la pose de fin
Le pire resto
this is the end….

L’heure d’embarquer arrive, en quelques minutes l’avion est prêt et nous repartons sans embûche cette fois. On repart avec plein de souvenirs, on est quand même content de rentrer pour retrouver nos familles. We will be back !!

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