Second Fishing Trip @ Spain in Extremadura

Et voilà, c’est la 2éme année consécutive que je pars en Extremadure. Cette année, je suis accompagné par Seb et Tof qui sont comme moi membres de l’association Esprit Pêche Nature organisant le Salon de la pêche et des loisirs aquatiques d’Antibes (anciennement Cagnes sur Mer) ainsi que de Christophe, un ami de Seb.
C’est pour tous leur premier voyage de pêche et Christophe n’a même que très peu pêché en eau douce et n’a jamais pris de brochet. Ça sera un grande première pour eux et j’espère qu’ils ne seront pas déçus.

Nous avons choisi l’organisation Extremadura Monster. Je n’ai rien à redire sur ma précédente expédition chez Stéphane Quinton et Extremadura ProFishing qui était top, mais nous avons voulu tester autre chose et les magnifiques Bass Boat proposés par Extremadura Monster l’ont emporté. L’histoire de mon précédent voyage en Espagne se trouve ici avec toutes les infos sur l’Extremadure que je ne vais pas re-écrire dans ce compte rendu.

Nous avons donc les dates du 7 au 14 mars avec 2 bateaux. Nous serons donc 2 par bateau et changerons les équipes régulièrement. Nous partons en avion de Nice vers Madrid puis louons une voiture pour 3h15 de route jusqu’à Orellana La Vieja. A mi-chemin, nous nous arrêtons dans la même station-service que lors de mon précédent voyage avec mon frère Virgile et je préviens mes compagnons qu’ils vont avoir un aperçu de comment étaient certainement les stations-services françaises il y a 40 ans. En effet, ils ne seront pas déçus, bar et resto à l’ancienne, serveurs et serveuses sans âge, distributeur de cigarettes, fromages et charcuteries du pays pendus au plafond et de magnifiques toilettes dont je suis obligé de vous mettre les photos !

Il est 19h lorsque nous arrivons à notre hôtel. Celui-ci est au bord du Lac d’Orellana. On est super content, les appartements sont top avec chacun sa chambre, sa salle de bain etc… Il n’y a franchement rien à dire, c’est flambant neuf et nous pouvons nous rendre à pied à la mise à l’eau. Nous commençons à déballer nos affaires lorsque Matthieu Schottler, le boss de l’organisation, nous rend visite pour le briefing. Bien sûr, on lui montre nos leurres et on en a apporté une tonne…. Le petit souci, c’était qu’on était censé pêcher les baies et les épis et que, les conditions ayant changé, on va surtout pêcher en Pélagique (entre deux eaux) et dans 20/30 mètres de fond. Bon, avec tout ce qu’on a pris, certains leurres feront largement l’affaire.

Le briefing fait, on décolle pour le dîner au restaurant de la mise à l’eau. On a la dalle et on veut tout goûter, une bonne sangria, une belle assiette de charcuterie et de fromages, des croquettes, de la viande, des frites, un dessert, on est inarrêtable. Ce n’est pas fameux fameux mais on est tellement content d’être là que ça passe. 2 belles tablées de pêcheurs français sont aux tables d’à côté et font de même. Demain, ça commence et on a tous très hâte d’être sur l’eau.

Petit point matos :

4 ensembles m’accompagnent sur ce séjour, voici un petit récap dans l’ordre de puissance de lancer :

Canne Ioda Blue Line S70 (puissance 5-35 grammes), avec un moulinet spinning Shimano Stella 4000. Je me sers de cette canne pour lancer des leurres assez légers, elle fait « paire » avec la canne suivante.

Canne Ioda Kikuyu C66 (puissance 10-40 grammes), avec un moulinet casting Daiwa Zillion. C’est la canne dont je me suis le plus servi. Je l’adore.

Canne Ioda Blue Line C69 (puissance 20-80), avec un moulinet casting Daiwa Lexa 300HD. J’utilise cette canne pour le Jerkbait et pour les gros leurres souples.

Canne Ioda Blue Line C68XH (puissance 80-220), avec un moulinet Daiwa Lexa 400 HD. Je m’en sers pour les gros big bait mais elle est davantage conçue pour les gros jerk, swimbait etc car elle est courte et très raide.

Chez Ioda il existe 4 grandes gammes de cannes :

La Red line : c’est l’entrée de gamme avec beaucoup de cannes à petit prix.

La nouvelle série « Kikuyu » qui tire son nom de la plante. Celle-ci pousse partout et est très résistante. Ces cannes sont en carbone Toray 40T et sont équipées d’anneau SIC.

La Blue Line : c’est le haut de gamme de la marque, elle se différencie de la Kikuyu par ses anneaux Fuji qui résistent mieux au sel. Elle est donc particulièrement indiquée pour la pêche en mer ou en eau saumâtre (baltique etc…)

La Orange Line : c’est la gamme « travel » de Ioda, une des spécialités de la marque, qui permet d’avoir des cannes en 3 ou 4 brins facilement transportables dans une valise et protégées des aléas d’un voyage grâce à son étui en corduba.

Vous pouvez trouver tous les modèles Ioda sur ce catalogue

Le premier jour…. Aie aie aie

C’est le premier jour et je fais équipe avec Christophe, le « Rookie » du groupe. J’espère vraiment qu’il pourra faire son premier brochet avec moi, c’est vraiment un de mes poissons préférés, pas pour le combat ni forcément pour la touche qui est beaucoup moins puissante que pour un poisson de mer, mais pour la beauté de ce poisson avec son énorme mâchoire et sa robe qui est différente en couleur et en motif selon son biotope. C’est le roi de la forêt, le prédateur suprême des plans d’eau et j’ai un énorme respect pour ce poisson.

Nous sommes sur le bateau de Mayeul Chevalier, un magnifique Nitro Z7, un véritable bijou. Ils sont tous super équipés chez Extremadura Monster mais là, on est sur le top de la flotte.
Mayeul est un jeune guide mais il a fait ses armes en tant que compétiteur depuis tout jeune et a pu bénéficier des bons conseils de son père Lionel connu sur le circuit (il a notamment remporté le Prédator Tour 2019) et, comme pratiquement tous les guides de pêche que j’ai rencontrés, il a beaucoup à nous apprendre.

En ce premier jour, il fait beau et il n’y a pas de vent, ce qui n’est pas idéal pour la pêche du brochet. Mais nous y allons plein d’enthousiasme et commençons à pêcher en Pélagique dans une zone d’environ 25 mètres de fond où Mayeul a repéré une belle boule d’ablettes qui font office de garde-manger pour les brochets. La tactique est simple, la mange est localisée, on va rester là et patater du leurre jusqu’à ce que les brochets aient envie de manger (environ 2-3 fois dans la journée), et à ce moment-là, il faudra que le leurre soit dans l’eau.

Après environ 2 heures de pêche, notre vœu est exaucé et Christophe sortira son premier « Pike » de 72 cm (communément appelé un « jack »), c’est-à-dire la taille standard du brochet. La pêche est difficile et Mayeul pêche lui aussi mais en verticale afin de tester différents leurres et notamment au « casting jig » qu’on utilise habituellement en mer en lancer sur chasse. Cela marche bien notamment sur les sandres qui sont vraiment présents en nombre sur ces lacs d’Extremadure et il en fera 7 dans la journée en pêchotant.

Pour ma part, je me refuse pour l’instant à pêcher en verticale, les sandres m’intéressent beaucoup moins et cette technique de pêche ne me plait pas trop, je trouve cela extrêmement frustrant de regarder les poissons sur le sondeur en priant qu’ils mordent, pourtant c’est vrai que lorsqu’on voit le ou les poissons suivre son leurre, cela entraine une décharge d’adrénaline qui n’est pas déplaisante. Je n’aurai pas une touche de la matinée et il est 12h30 lorsque les 6 Bass Boat de l’organisation se retrouvent tous ensemble pour déjeuner au restaurant de la mise à l’eau. Ça fait une belle tablée d’une vingtaine de personnes, cela permet de faire connaissance avec des pêcheurs venant de toute la France et de voir un peu ce qu’on fait les autres.

De leur coté, Tof et Seb, qui sont guidés par Etienne, n’ont pas non plus trop tiré leur épingle du jeu avec capot pour Tof et un petit brochet pour Seb (moins de 70cm). Quelques bateaux ont mieux pêché et surtout un pêcheur (de l’équipe du Jura, on y reviendra plus tard) a fait deux brochets métrés dans la matinée ! Cela a plus tendance à me rassurer qu’à me faire baver, cela veut dire que c’est possible de bien pêcher malgré les conditions.

L’après-midi, c’est rebelote, nous allons sur le même spot et recommençons nos lancers.
Je prendrai 2 brochets de belle taille qui vont malheureusement se décrocher… Christophe, lui, battra son record 2 fois de suite avec un 75 et un 90 ! Ainsi que son premier sandre en verticale. Mayeul, notre guide, toujours en verticale aura fait 2 brochets de 80 et 95cm.
Sur l’autre bateau, Seb battra son record avec un beau brochet de 92 cm, Tof aura moins de chance avec 2 sandres, ce qui est toujours mieux que moi et mon pénible zéro pointé. Demain sera un autre jour…

Le soir, on dîne au même endroit, ils sont adorables mais on commence à en avoir marre de manger là-bas tout le temps et on se décide à changer de resto le soir suivant. Matthieu nous a donné une autre adresse près du DIA de Orellana, on ira demain car le restaurant où j’allais l’année dernière et qui est succulent est fermé en ce moment (El Oasis del pescador).

Jour 2, les Sandres sont partout

Le lendemain, je fais équipe avec Tof toujours sur le bateau de Mayeul, il décide de nous emmener faire les baies, on est dans des endroits magnifiques et l’eau est transparente, on pêche alternativement au Jerk minnow et au Jerk bait, je décrocherai un mini pike qui me donnera au moins un petit peu d’adrénaline pour cette matinée sans beaucoup d’activité.

Au déjeuner, en discutant avec les autres, le constat est à peu près le même, pêche difficile, certains n’ont rien pris mais d’autres ont tiré leur épingle du jeu, c’est encore le cas sur le bateau des Jurassiens qui ont fait un tabac. On les interroge sur leur façon de pêcher, le pattern, les leurres, la vitesse de récupération, on est très similaire à eux… on a juste manqué de chance. Lorsqu’on repart l’après midi pour pêcher en Pélagique, les touches se font rares sauf celle des Sandres surtout en verticale, Tof en sortira 5 (entre 40 et 60cm) et un petit brocheton, pour ma part je décroche encore 2 pikes et je ferai un sandre de 60cm en pélagique. Sur la fin d’après-midi, je sors un gros AT Minnow (quitte à avoir peu de touche autant qu’elle soit grosse) et je fais monter un gros jusqu’au bateau alors qu’on était dans 30 mètres d’eau, mais celui-ci n’a pas daigné mordre et c’est encore plus énervé que je rentre à la mise à l’eau pour clore cette fin de journée encore bien pauvre pour moi.

Sur l’autre bateau, Chris a fait 3 sandres de 60 cm environ, le tout en pêchant le brochet en Pélagique, Seb fera aussi un sandre de 60 et deux pike dont 1 de 99cm ! Il rate son métré pour disons 2-3 mois de croissance supplémentaire. C’est quand même fou, on ne cherche pas les sandres et, même en pêchant avec des gros leurres, ils sont sur les mêmes spots que les brochets dans les bancs d’ablettes et s’en donnent à cœur joie… On en gardera 2 pour manger le soir.

On va faire les courses pour déguster nos sandres, je n’avais jamais gardé un sandre auparavant mais là-bas, il y en a tellement, c’est comme le sarran en mer chez nous… on est limite dégouté d’en attraper, en revanche c’est vraiment bon. C’est d’ailleurs fou mais les Espagnols n’en mangent pas, ils mangent du poisson mais seulement de mer. La croissance des poissons est incroyable là-bas, les bancs de fourrage sont tellement présents (notamment les ablettes) que brochets, bass et sandres grandissent très vite. D’après les guides, un brochet métré pourrait n’avoir que 7 ou 8 ans et mourir vers 12-13 ans de vieillesse (on parle bien évidemment de femelles, les mâles n’atteignant pas cette taille) alors que normalement un brochet vit jusqu’à 20 ans. Les Sandres ne seraient à Orellana que depuis 3-4 ans… Et certains font déjà 70 cm, c’est écrit que dans 3 ans on prendra des sandres métrés.

Jour 3, Bass or not bass ?

Le lendemain, les équipes changent et je suis maintenant avec Seb sur le bateau d’Etienne Branchu, encore un super guide qui aura beaucoup de choses à nous apprendre. Etienne a aussi roulé sa bosse en Suède mais depuis qu’il est en Extremadure, il est connu pour sa traque acharnée des Bass.

Il nous propose de faire les bordures le matin et de pêcher en Pélagique l’après-midi, cela me va très bien car les touches sont rares en pélagique et j’ai besoin de faire une pêche plus visuelle où on essaye de bien peigner une bordure, une tête de roche, une souche etc. On essaye sur une première partie du lac sans succès puis on va complètement de l’autre coté, je prendrai 1 brochet au Jerk Minnow de 70cm, un Jack, ce n’est pas gros mais c’est mon premier du séjour au bateau et cela me fait un bien fou.

Sur le chemin du retour pour aller déjeuner, on aperçoit une chasse de Black Bass, cela suffit à nous mettre en feu, on lance comme des forcenés mais sans succès, Seb passe au stick bait de surface et anime tout doucement son leurre en walking the dog, boum un énorme Bass surgit en surface pour prendre le leurre mais Seb ferre trop vite et c’est malheureusement raté, il enrage mais c’est vrai qu’on n’a plus l’habitude et qu’il faut un peu se régler…

Au retour du dej, il fait une chaleur de plomb, je ferai un beau sandre de 60 en pélagique tandis que Seb les enchaînera en verticale (4 Sandres), on poncera toute l’après-midi sans succès à part un beau Pike de 87cm pour Seb. Sur la fin de journée, alors que mon leurre est coincé dans un casier, Etienne fera malheureusement tomber son téléphone dans l’eau… la poisse, plus de téléphone pour Etienne et pas de photo de la journée pour nous.
Le soir on va manger dans un resto pour changer un peu, ça coûte que dalle et ils sont adorables mais c’est très moyen.

Jour 4, Pas loin du Graal, plusieurs fois !

Je suis à nouveau sur le bateau d’Etienne avec Christophe, on part directement pêcher les bordures de l’autre côté du Lac. La tactique est simple, je pêche au Jerkbait dans 3 mètres d’eau sur le côté gauche du bateau tandis que Chris pêche le côté droit dans 8 mètres au Shad. Je ferai 2 Jack très rapidement avec des attaques de fou, je me dis que cette journée sera peut-être enfin la mienne ! Pendant ce temps-là, Chris prend 2 sandres. On continue d’enchaîner les lancers et vu la baisse d’activité, on teste un paquet de leurres et notamment les nouveaux Spinners Ioda qui font une belle impression mais qui ne trouveront pas preneurs ce matin-là.

A la pause déjeuner, on apprend que Seb a sorti un 98 cm ! Après le 99 du lundi, il rate de peu le Graal. Tof râle car il est pour l’instant capot. L’après-midi, je sors rapidement un 75 cm et en toute fin de journée, Chris nous sort un superbe 95 cm. Lorsqu’on rentre, Tof à le sourire avec 2 très jolis poissons de 92 et 95 cm tandis que Seb aura fait un petit 72. Etienne aura fait de très beaux poissons en verticale avec une cuillère tournante surdimensionnée qui est faite pour le Bass… Ces poissons sont vraiment fous.

Le soir, on décide encore de se faire à dîner, on fait quelques courses et on se fait finalement inviter par l’équipe de Jurassien (Antho, Sonny et Philippe) à venir partager un dîner dans leur appart. C’est des malades, ils sont suréquipés car ils ont prévu de rester 1 mois de plus en Extremadure et sont descendus en Van avec plein de matos et de victuailles de chez eux : ils ont leurs casseroles, leurs couteaux, et même une plaque de cuisson supplémentaire. Philippe nous fait goûter de son vin (il est vigneron), on cuisine le sandre de toutes les manières possibles (en tartare, pané, poêlé etc…), on se raconte nos histoires de pêche : Antho et son Salagou et nous notre Méditerranée… C’est tard dans la nuit que nous nous quittons avec la promesse de partager de futures pêches. Il nous reste quelques heures de sommeil avant notre dernière journée.

 

Jour 5, Last day !

Je suis avec Tof sur le bateau de Mayeul, c’est notre dernier jour et on compte tout donner… On va jouer avec les règles du moment et ne faire que du 100% pélagique dans 30 mètres d’eau à patater toute la journée en espérant enfin trouver le graal du brochet métré.
Malgré tout, on aura encore une fois du mal à sortir notre épingle du jeu même si on a limité la casse. Je ferai un brochet de 85 (le plus beau du séjour pour moi) ainsi que 3 sandres, toujours en pélagique ! Ils sont d’une voracité dingue ! Tof fera un 92cm et 3 sandres, Chris un brochet de 76 et Seb 3 sandres. Mayeul fera, quant à lui, une vingtaine de sandres en verticale et Etienne 2 brochets. Belle journée quand même, même lorsque c’est dur….

Le soir, on ne résistera pas à une dernière soirée avec l’équipe du Jura. Le soir même Macron annonce le confinement du Lundi et c’est avec les masques qu’on se présentera à l’aéroport de Madrid avant la fermeture des frontières. Antho, Philippe et Sonny ne resteront finalement pas en Extremadure et prendront aussi la route dès le lendemain. Après 2 mois de confinement, je mesure aujourd’hui toute la chance qu’on a eu de pêcher 5 jours en Extremadure juste avant cet épisode… L’économie et la santé de plusieurs centaines de millions de personnes vont se trouver impactées par cette crise, alors ok je n’ai pas bien pêché et mes amis n’ont pas fait de métrés… mais tout cela passe vraiment au second plan maintenant. Je retiens avant tout l’aventure humaine, les rencontres, le voyage et je signerais des deux mains pour refaire ces mêmes 5 jours !

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